Posts Tagged ‘Sodomie’

Orange Cubes and Pink Flamingos

22 septembre 2009

Charlie était un amour ; j’en étais folle. Il était grand, il était beau, il était blond, il avait le corps d’un dieu grec qui se serait échappé des frises du Parthénon et avait des yeux outremer que je pouvais contempler pendant des heures sans discontinuer. Et quand je dis « des heures », ce n’est pas une simple figure de style, parce que Charlie n’avait que deux passions : l’acide lysergique et le conduit sodomique des demoiselles. Et puisque j’étais adepte à l’époque autant les psychotropes que l’amour anal, nous formions un couple joliment assorti, uni dans la débauche et le délire chimiquement induit. Nous nous donnions rendez-vous chaque semaine à son appartement ; nous décollions ensemble les yeux dans les yeux le samedi — et nous atterrissons ensemble le dimanche, lui derrière et moi devant.

Ce samedi-là, j’en avais pris beaucoup plus qu’à l’accoutumée… 150 ou 200 microgrammes si ma mémoire est bonne. Ce qui selon toute vraisemblance explique ce que j’ai pu voir par la fenêtre du salon…

— Fuck ! Charles ! Viens voir !

— Quoi ? Quoi ? Qu’est-ce qui se passe ? me répondit un Charlie phosphorescent avec une voix qui semblait provenir de l’intérieur de mon crâne.

— Les flamants roses !

— Les flamants roses ?

— Oui ! Sur la pelouse ! Ici !

— Je sais. C’est la concierge qui les a…

— Mais regarde ! Regarde donc ! Ils baisent !

— Anne, ils sont en plastique.

— Celui-ci la prend par-derrière ! Et celle-là le suce avec son énorme bec…

— Ha ha ha ! J’en connais une qui a eu les yeux plus gros que la panse ! Tu te limiteras à la dose que je te donne, la prochaine fois… conclut Charlie en retournant s’étendre sur le sofa.

Je ne sais pas combien de temps j’ai passé à me scandaliser des mœurs dépravées des flamants roses en plastique. Ils avaient tous plus ou moins des attributs humains  : certains avaient au bout des ailes des mains aux longs doigts filiformes dont ils se servaient pour titiller les seins ronds comme des melons des femelles qui étaient affublées de longs cils exagérément recourbés. Elles adoptaient des postures alanguies et complaisantes pour faciliter la pénétration des verges énormes de leurs volatils partenaires, des bites multicolores au gland noueux et congestionné qui crachaient à répétition un foutre épais et rose ressemblant à s’y méprendre à du savon liquide à vaisselle rose. Je vis un mâle, goguenard, qui branla son membre et vint asperger deux femelles qui, indifférentes à cette libation, continuaient de se faire minette avec des langues luisantes de cyprine. Je vis dix de ces échassiers s’aimer virilement en s’enculant mutuellement jusqu’à former un cercle particulièrement vicieux. Je vis même une de ces décorations de jardin en plastique chanter Tico tico et La vie en rose avec la voix d’Alys Robi pendant que ses deux amants la prenaient l’un dans le con et l’autre dans le cul.

J’étais si bouleversée par ce spectacle que j’en tremblais.

— Charles ! Charles ! Je te dis qu’ils baisent sur ta pelouse ! En public ! Fais quelque chose !

— Calvaire ! Là, ça suffit…

— Mais… mais… mais… qu’est-ce tu fais ? Ma jupe !

— Je vais t’enculer jusqu’à ce que tu te la fermes, bordel !

Avec son index, il fit descendre ma culotte, écarta mes fesses et je sentis son gland, humide de sperme et de KY, buter contre mon petit trou.

— Pas devant la fenêtre… non… les voisins… le suppliai-je.

— Aucun danger : ils sont tous occupés à regarder les flamants roses ! me répondit Charlie en enfonçant son pieu jusqu’à la garde dans mes entrailles.

(Ce texte a été publié dans le dernier numéro du magazine FA, avec trois illustrations de Thierry Labrosse. Courez vous le procurer : l’empire Quebecor a besoin de vos sous.)

L’entraide est le lubrifiant des relations de bon voisinage

23 mai 2009

— Un instant, j’arrive !

Jeanne D’Arc Bédard déposa son plumeau sur la table, rajusta sa coiffure argentée et marcha d’un pas rapide vers la porte. Elle déverrouilla les deux serrures et les trois loquets et ouvrit : c’était la fille de la voisine.

— Noémie ! minauda-t-elle. Entre, ma chérie !

Jeanne d’Arc connaissait bien Pierrette, la maman de Noémie. Depuis son mariage, elle avait tant souhaité avoir une fille… ce qu’elle eut, après sa cinquième grossesse. « Comme elle a grandi ! » pensa Jeanne d’Arc en contemplant la mignonne et innocente fillette de treize ans qui se tenait devant elle, sur le pas de sa porte, les mains derrière le dos et la mine espiègle, avec ses boucles blondes, son chemisier blanc, sa jupe écossaise et son tablier rose.

— Bon après-midi M’dame Bédard, dit la gamine en souriant gentiment. J’pourrais vous emprunter un bâtonnet de beurre ?

— Mais bien sûr, chérie ! répondit la ménagère et lui indiquant du doigt le chemin de la cuisine. Tes parents sont déjà rentrés ?

— Non, madame. Grand-m’man va seulement avoir son congé de l’hôpital mercredi prochain, alors ils vont lui tenir compagnie encore trois jours. En attendant, je fais l’ménage pour que tout soit propre lorsque maman va revenir. Hier, j’ai passé le balai et j’ai récuré le bidet… et ce matin, j’ai brossé les tapis et battu les chiens.

— Voilà qui est tout à fait charmant ! Quelle grande fille tu fais ! Et tes frères, comment vont-ils ? Ils doivent vraiment être contents d’avoir une sœur aussi sage…

— Oh, j’espère bien ! C’est rudement gentil à eux de s’occuper de moi… c’est une grosse responsabilité, pour eux, vous savez.

Jeanne d’Arc fouilla dans le frigo, trouva le beurre et le tendit à Noémie.

— Voilà, ma grande. Tu es si mature, pour ton âge… le beurre, c’est pour préparer tes délicieux sablés pour tes frères ?

— Merci m’dame Bédard, dit Noémie en offrant à la vieille dame un sourire radieux et angélique. Non, c’est pas pour les biscuits — je les ai cuits avant le déjeuner et c’est pour ça que j’ai plus de beurre. J’en aurais bien acheté avec l’argent que maman m’a laissé, mais Martin Poirier s’est pointé à la maison avec une caisse de bière pour regarder le match à la télé avec mes frères et ils sont maintenant tous trop saouls pour conduire jusqu’au supermarché.

— Oh la la, comme c’est vilain. Tes frères sont bien chanceux d’avoir une petite sœur aussi sérieuse et dévouée que toi, qui est prête à tout pour prendre soin d’eux par dessus le marché. Tu es donc venue emprunter du beurre pour leur préparer une petite gâterie, n’est-ce pas ?

— Oh oui, madame, répondit, tout sourire, la fillette. C’est qu’voyez-vous,il ne reste plus de KY et les garçons veulent vraiment beaucoup beaucoup m’enculer !

Une histoire XXX

9 février 2009

Elle huila généreusement ses mains, les frotta puis les posa sur les épaules de son client.

— Oh la la, mais qu’est-ce que tu peux être tendu, Éric! Tes muscles sont noués comme de la corde de navire…

— Marilou, je deviens fou… soupira-t-il.

— Tu vois toujours ces deux mecs? demanda-t-elle en lui frottant le dos.

— Ouais… je culpabilise à mort. Mais je les aime tous les deux.

— Et aucun d’eux ne connaît l’existence de l’autre?

— Jamais de la vie! Ça leur briserait le cœur, c’est certain.

— Hum… grogna-t-elle d’approbation.

— Ils sont si semblables. Ils ont la même taille, les mêmes cheveux, ils ont les mêmes goûts, surtout quand vient le temps de…

— De…?

— De… tu-sais-quoi. Iils ne me prennent qu’en levrette… et après, ils aiment tous deux… jouer avec mon cul, dit-il en riant nerveusement.

— Vraiment?

— Je te jure. Je n’ai jamais rencontré de tels amateurs de fesses… on dirait qu’ils n’arrivent pas à les laisser tranquilles!

— Je vois… parlant de tes fesses, chéri…

— Quoi?

— Quelqu’un les utilise pour jouer à tic-tac-toe.

— Hein?

— Une partie par miche. Celle de gauche a trois «X» en diagonale. Qui a gagné, tu crois? demanda la masseuse en pouffant.

Huff, puff and blow me

9 février 2009

Ce soir, en lisant un conte à Lou, je ne faisais que penser à «l’étroit petit cochon». Je crois qu’il est grand temps que je cesse d’écrire des récits gay…

Placement

30 janvier 2009

— Oh… oui…

— Je t’avais dit que je ferais un grand garçon de toi.

— Hum… et moi… Je n’aurais jamais cru que j’aimerais autant me faire sucer par un mec. Encore moins par un coéquipier, dans le vestiaire, après un match…

— Tu n’as encore rien vu, joli cœur. Viens prendre par en arrière le corps de ton quart-arrière.

— Je n’osais pas le demander.

— Attends, je vais me placer comme ça… Oh! Oui! Enfonce bien ta langue… Salaud! Tu sais t’y prendre…

— Je t’ai mis de la bave jusqu’aux couilles. Ça te fait bander, mon cochon.

— Tu vois comme je m’ouvre? Allez, viens, prends-moi, je suis prêt.

— Oh… je…

— Ouf! Doucement… je… Oui!

— C’est si… hum… serré… je…

— Oui! Oui!

— Je crois que je vais… Oh!

— Vas-y! Vas-y! Viens!

— Ahh! Ahh! AAAAAHHHHRRRGG!

— Oh oui.

— Ooooh.

— Je comprends maintenant pourquoi ils t’on choisi comme botteur de précision. Alors, c’était bon?

— Très, même.

— Tu as aimé m’enculer, espèce de vicieux?

— J’ai adoré t’enculer, espèce de pervers.

— Tu crois que c’était pervers? Attends, je connais un truc qui va te renverser cul par-dessus tête.

— Qu’est-ce que c’est? Tu veux que je te bourre encore le fion?

— Je veux que tu le bourres comme jamais il n’a été bourré.

— Tu veux que je le bourre à le faire éclater?

— Oui! Et je veux que tu le fasses avec ça!

— Avec… ça?

— Ouais! Je veux que tu m’encules jusqu’à ce que je tremble de plaisir!

— Mais… c’est une boîte de délicieux macaronis au fromage Kraft®, si utiles lorsque la fringale nous prend et que le temps nous manque!

— Oh oui! Pour moi, c’est Kraft Dinner™ ou rien!

Comptines pour se faire sauter à la corde

19 décembre 2008

Crème glacée, limonade sucrée,
À qui pensez-vous quand vous vous branlez?

Vole, vole, vole que je t’aime,
Viens ici ma chère Annie.
Ma langue glisse dans ton oreille,
Un doigt chatouille ton mimi:
Ah oui! (il faut sortir) Youpi!

Pas hier soir, mais le soir d’avant,
Quarante violeurs sont venus cogner à ma porte
Et voici le message qu’ils ont laissé:
Madame, tournez-vous de bord, (ter)
Madame, touchez à terre, (ter)
Madame, relevez votre croupe, (ter)
Madame, présentez votre rosette, (ter — en sortant de la corde)

Je veux manger une gourgandine,
Je veux manger une traînée,
Le minou
Le bouton
Le p’tit trou
Et aussi les gros lolos
Qu’il faut téter comme il faut
(il faut sortir)

À la ferme de Bruno,
Je me fait prendre par derrière
Par toutes sortes d’animaux,
Y’en a des p’tits, y’en a des gros,
Mais celui que je préfère,
C’est…
(Une catin entre en nommant un animal et saute quatre fois en
l’imitant. À chaque saut, toutes les autres en imitent le son.
La débauchée sort, on reprend le refrain et une autre entre avec un
nouvel animal…)

La mère Angot

22 novembre 2008

Madame Angot est en colère
Car elle s’est fait prendre par derrière
Et son mari est bien penaud
De pas l’avoir mise comme faut
Vive la mère Angot!

Mouler la moule

5 novembre 2008

La même copine m’a raconté qu’elle s’adonne à une curieuse pratique dans la chambre à coucher de son coquet split-level de banlieue: «Après quelques préliminaires, mon chéri lubrifie mon vagin puis le remplit avec du latex liquide. Lorsque le tout a durci, il le retire puis me demande que je m’en serve pour le sodomiser. Tu as déjà entendu parler d’un truc pareil?»

J’eus beau me gratter longuement la tête, je dus reconnaître la justesse du vieil adage: les amoureux sont seuls au monde.

L’entraide est le lubrifiant des relations de bon voisinage

4 mars 2008

— Un instant, j’arrive!

Jeanne D’Arc Bédard déposa son plumeau sur la table, rajusta sa coiffure argentée et marcha d’un pas rapide vers la porte. Elle déverrouilla les deux serrures et les trois loquets et ouvrit: c’était la fille de la voisine.

— Noémie! minauda-t-elle. Entre, ma chérie!

Jeanne d’Arc connaissait bien Pierrette, la maman de Noémie. Depuis son mariage, elle avait tant souhaité avoir une fille… ce qu’elle eut, après sa cinquième grossesse. «Comme elle a grandi!» pensa Jeanne d’Arc en contemplant la mignonne et innocente fillette de treize ans qui se tenait devant elle, sur le pas de sa porte, les mains derrière le dos et la mine espiègle, avec ses boucles blondes, son chemisier blanc, sa jupe écossaise et son tablier rose.

— Bon après-midi M’dame Bédard, dit la gamine en souriant gentiment. J’pourrais vous emprunter un bâtonnet de beurre?

— Mais bien sûr, chérie! répondit la ménagère et lui indiquant du doigt le chemin de la cuisine. Tes parents sont déjà rentrés?

— Non, madame. Grand-m’man va seulement avoir son congé de l’hôpital mercredi prochain, alors ils vont lui tenir compagnie encore trois jours. En attendant, je fais l’ménage pour que tout soit propre lorsque maman va revenir. Hier, j’ai passé le balai et j’ai récuré le bidet… et ce matin, j’ai brossé les tapis et battu les chiens.

— Voilà qui est tout à fait charmant! Quelle grande fille tu fais! Et tes frères, comment vont-ils? Ils doivent vraiment être contents d’avoir une sœur aussi sage…

— Oh, j’espère bien! C’est rudement gentil à eux de s’occuper de moi… c’est une grosse responsabilité, pour eux, vous savez.

Jeanne d’Arc fouilla dans le frigo, trouva le beurre et le tendit à Noémie.

— Voilà, ma grande. Tu es si mature, pour ton âge… le beurre, c’est pour préparer tes délicieux sablés pour tes frères?

— Merci m’dame Bédard, dit Noémie en offrant à la vieille dame un sourire radieux et angélique. Non, c’est pas pour les biscuits — je les ai cuits avant le déjeuner et c’est pour ça que j’ai plus de beurre. J’en aurais bien acheté avec l’argent que maman m’a laissé, mais Martin Poirier s’est pointé à la maison avec une caisse de bière pour regarder le match à la télé avec mes frères et ils sont maintenant tous trop saouls pour conduire jusqu’au supermarché.

— Oh la la, comme c’est vilain. Tes frères sont bien chanceux d’avoir une petite sœur aussi sérieuse et dévouée que toi, qui est prête à tout pour prendre soin d’eux par dessus le marché. Tu es donc venue emprunter du beurre pour leur préparer une petite gâterie, n’est-ce pas?

— Oh oui, madame, répondit, tout sourire, la fillette. C’est qu’voyez-vous,il ne reste plus de KY et les garçons veulent vraiment beaucoup beaucoup m’enculer!

Une histoire à prendre au second degré

19 juillet 2007

Un soir de farniente, dans sa petite chambre aux résidences universitaires. Nous étions jeunes et cérébraux, nous buvions des expressos en caquetant sur Derrida et Foucault — ce qui suffisait amplement pour nous convaincre que nous étions des intellectuels d’avant-garde.

— Allez, viens, «encule-moi», me mis-je à lui répéter d’un ton las, à quatre pattes sur son lit, en agitant mon popotin sous son nez. Je suis ta «chienne», vas-y, «bourre-moi» avec ta «grosse queue».

Surpris, il faillit s’ébouillanter avec sa cafetière.

— Qu’est-ce que tu attends? Je connaîtrai enfin le «plaisir absolu» et toi… tu auras la queue pleine de merde, lui susurrai-je avec ironie.

Se produisit alors quelque chose de totalement imprévisible: il me sauta brusquement dessus, m’arracha ma culotte et se mit à me ramoner le tuyau comme s’il y avait danger d’incendie pendant que je criais à l’assassinat.

C’est alors que je compris que les hommes n’ont pas les capacités mentales nécessaires pour saisir le sous-texte.

Message vocal

11 juillet 2007

Anne, c’est encore moi
Je t’en prie, si tu es là, décroche
Il faut que je te le dise
Je dois le raconter à quelqu’un
Mario Bodard veut me prendre par derrière

Il est si insistant
Que je lui ai donné mon numéro
Mais maintenant je regrette
Dieu que je regrette
Car jour et nuit il m’appelle pour laisser
Sur mon répondeur de propos orduriers
«Quand pourrai-je enfin t’embrocher?»
«Je veux te sucer la pine, joli cœur»
«Viens gruger ma viande jusqu’à l’os»
Anne, il me fout la trouille
Car jamais n’ai-je été fourgonné
Par un garçon boucher

Anne, si tu savais, lorsqu’il m’appelle
Pour me dire qu’il veut
Bouffer mon trou de cul
Pour me dire qu’il bande comme un taureau
Qu’il astique son outil en pensant à moi
Qu’il crie mon nom en fourrant deux doigts
Dans son intérieur de ronde
Pour se vanter d’être un animal
Une bête de sexe
Je ne peux m’empêcher de penser
À son visage de bovidé
À ses mains larges et poilues
À la moiteur de ses naseaux
Quand derrière le comptoir
Il enveloppe en souriant mes escalopes

Mario Bodard veut mon cul
Il dit qu’il peut pistonner des heures durant
Comme une enfileuse à saucisses électrique
Si seulement je pouvais décrocher le téléphone
Si seulement je pouvais lui dire «oui»
Il me prendrait là, sur son bloc à découper
Sur sa planche à enculer
Mais je ne retourne pas ses appels
Je ne suis pas celui qu’il croit
Pas question de le laisser lécher mes amourettes
Pas question de le laisser fourrer mon andouille
Pas question de le laisser attendrir mon aloyau

Devrais-je faire retracer ses appels?
Devrais-je changer de numéro?
Devrais-je appeler les flics?
Anne, je ne sais plus quoi penser
Je n’ose plus aller à la boucherie
Tâter les côtelettes et les saucissons
Samedi après-midi avec mon petit mari

Attends, je te rappelle
J’ai quelqu’un sur l’autre ligne.

Le congé de Pascale

8 avril 2007

Comme à chaque matin, la lecture de son journal l’absorbait tout entier. Assise de l’autre côté de la table, Pascale, sa femme, sirotait d’un air absent son café depuis une dizaine de minutes. Soudain, elle déposa sa tasse, planta son regard dans le sien et lui dit:

— Je te trompe avec Dominique depuis maintenant trois mois.

— Quoi? Tu… tu te fous de ma gueule… je…

— Je suis très sérieuse.

Trop abasourdi pour répondre, il attendit le coup de grâce, qui prit la forme de cette proposition laconique:

— Ça te dirait de nous regarder?

— Oui, réussit-il à articuler en bandant douloureusement.

Il était nu, tapi dans le placard, lorsque Dominique entra dans leur chambre. Il était convaincu que sa femme se laisserait prendre avec servilité et obéissance — or, c’est exactement le contraire qui se produisit. Il s’attendait à des ébats sauvages, violents même, mais il n’aurait jamais soupçonné que Pascale puisse être aussi cruelle et Dominique d’une soumission aussi complète. Leurs étreintes furent rudes et leurs orgasmes interminables.

Depuis sa cachette, il vit ensuite sa femme se lever, sortir une longue corde de la table de nuit et se mettre à ligoter Dominique: les poignets dans le dos, le visage enfoui dans l’oreiller, les genoux largement séparés et les fesses bien remontées vers le ciel. Pascale contempla son travail avec satisfaction puis ouvrit la porte du placard. Il hocha la tête en signe de désapprobation mais se laissa guider jusqu’au lit, entre les cuisses de Dominique.

— Vas-y, mets-la lui, ordonna Pascale. Ne fais pas cette tête, je connais tes tendances et je sais que tu en rêves depuis longtemps.

Comme dans un rêve, il se mit à besogner frénétiquement le conduit sodomique de Dominique jusqu’à ce qu’ils se mettent à l’unisson, tels des coyotes, à hurler leur jouissance à la lune.

Après le départ de Dominique, Pascale le prit dans ses bras et, caline, lui demanda:

— Tu as aimé?

— Bien sûr.

— Tu voudrais répéter l’expérience?

— Peut-être.

— Tu penses à Dominique? demanda Pascale en empoignant la bite de son époux.

— Non, répondit-il. Je pense à ton autre sœur.

Tout est dans la manière d’amener la chose

12 novembre 2006

Il se retourne vers elle et caresse son épaule nue. Elle lui tourne le dos et tire les draps contre elle en soupirant très fort.

– Allons, chérie…

Il caresse ses cheveux. Elle éloigne sa tête.

– Je suis sûr que tu vas aimer…

– Et moi je suis sûre que non.

– Ne sois pas si…

Elle se retourne et le fusille du regard.

– «Si» quoi?

Surpris, il s’éloigne un peu, instinctivement.

– Ne te mets pas en colère ma choupinette. Je me disais seulement que ça serait bien d’essayer, qu’on aurait du plaisir…

– Peut-être pour toi, salopard! Parce que ce ne serait pas toi qui te retrouverait avec un truc enfoncé dans le derrière, évidemment.

– Chérie… toutes mes ex aimaient l’amour anal.

– Je ne suis pas une de tes ex! Enfin, pas encore…

– Come on! On pourrait essayer une seule petite fois de rien du tout. Je vais y aller délicatement, je te le jure.

Elle soupire encore plus fort.

– Qui sait? Peut-être va-tu aimer, ma choupinette…

– Écoute-moi bien. Si j’aimais le sexe anal, je serais restée un homme. Maintenant, laisse-moi dormir.

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