Posts Tagged ‘Masturbation’

Patin de fantaisie

12 mars 2009

Amateurs d’onanisme, bonsoir. Nous sommes en direct du boudoir d’Anne Archet, où les cérémonies d’ouverture de sa séance de masturbation viennent tout juste de prendre fin. Elle referme son roman pornographique ― je crois qu’elle lisait… oui, il s’agit bel et bien de Gamiani ou deux nuits d’excès, une valeur sûre et un excellent choix lorsque le stress se fait sentir. Elle se lève et se dirige vers le sofa, mesdames et messieurs !

Elle décide de placer ses fesses à l’extrémité du coussin. Stratégie intéressante… qui semble indiquer qu’elle passera sans tarder aux choses sérieuses. Sa main droite se glisse sous sa ceinture… et c’est le coup d’envoi ! Un coup magistral, sa main est maintenant entièrement dans son jeans, quelle vue magnifique ! Ce jeans est peut-être un peu trop serré, ce qui l’oblige à tortiller son cul et augmente le niveau de difficulté. Je crois toutefois qu’elle a atteint son but et que ses doigts ont atteint les replis humides de son sexe.

Anne passe maintenant à la figure imposée et retire son jeans. La fermeture à glissière est rapidement descendue… voilà le vêtement qui glisse sur ses hanches, l’exécution est parfaite… mais attendez ! Le jeans est entortillé autour de ses chevilles ! Va-t-elle tomber ? Elle vacille… elle se tord… donne un coup de pied… et… il est parti ! Le pantalon fait un vol plané jusqu’au fauteuil… voilà, c’est réussi : notre concurrente s’est dépêtrée de cette fâcheuse situation et se retrouve à nouveau bien en selle pour la suite de l’épreuve !

Maintenant, elle s’empresse visiblement de regagner le temps perdu et se caresse du bout des doigts à travers le tissu de sa culotte de coton. Sa tête est un peu penchée de côté… elle mordille les jointures de sa main gauche en émettant de brefs soupirs. Je crois qu’elle est maintenant prête pour le round suivant, mesdames et messieurs. Elle vient d’ailleurs tout juste de se départir de son sous-vêtement, ses deux mains sont sur sa vulve, elle écarte les lèvres de sa chatte… et quelle chatte, chers téléspectateurs ! On voit qu’il est bien humide, la dame est dans une forme splendide. Oh ! C’est la passe sur le clitoris !

Anne Archet a maintenant atteint sa vitesse de pointe, ses doigts travaillent son con à un rythme qui nous laisse présager un bon chrono. Ses hanches s’animent, elle mord sa lèvre inférieure… maintenant sa tête s’agite, je crois que c’est le sprint final… son bassin se soulève, il ne porte plus sur le sofa, son visage est cramoisi, elle est sur le point de… oui ! Elle jouit ! Un autre orgasme phénoménal pour Anne Archet ! Quelle prestation magistrale de la part de ce vétéran de la branlette qui cumule plus de vingt ans de pratique quotidienne et frénétique de frotte-minou en solitaire ! Pendant que les juges se consultent, voyons si nous pouvons obtenir quelques mots de notre championne…

Le serment du serrement

14 février 2009

Il savait que, lorsqu’il se masturbe, sa jouissance peut devenir beaucoup plus intense s’il serre fermement les muscles entre ses cuisses et s’empêche d’éjaculer pendant quelques secondes; le sperme est alors expulsé avec beaucoup plus de puissance et la force de l’orgasme est ainsi décuplée. Il ne le faisait toutefois jamais bien plus longtemps qu’une seconde ou deux, impatient qu’il fût de plonger une fois de plus dans les délices exquis de la félicité vénérienne.

Or, il se résolut une nuit à tenir le plus longtemps possible, faisant le serment solennel qu’il contractera ces fameux muscles jusqu’à ce que son corps capitule. (Il prononçait souvent ce genre de promesses en les tenant avec d’autant plus de sérieux et d’obstination qu’il devait rendre des comptes au plus impitoyable des témoins — lui-même.) Il s’allongea donc sur son lit avec une serviette humide et plusieurs mouchoirs de papier. Tout en faisant défiler dans sa tête le cortège des fantasmes qui le mènent toujours sur le chemin du plaisir, il se mit à se toucher en se promettant de se retenir coûte que coûte.

Plus tard, lorsque les convulsions se calmèrent, qu’il réussit à refermer sa bouche et que le monde reprit forme autour de lui, il resta longuement étendu, inerte, son cœur battant la chamade, en se demandant s’il osera un jour refaire ce truc.

Représentations

15 janvier 2009

Louis se rendit chez Maxime pour voir s’il avait envie de faire quelque chose, une partie de handball, regarder la télé ou n’importe quoi. Il le trouva assis cul nu sur son lit, le dos contre le mur et les genoux bien écartés, en train de griffonner au fusain dans un carnet à croquis.

― Qu’est-ce que tu fous? demanda Louis à Maxime en lorgnant le miroir à main posé devant lui, sur la douillette.

― Je dessine ma queue, répondit simplement son ami.

Louis s’étira le cou et constata qu’il ne mentait pas. Il s’agissait bel et bien d’une représentation plutôt habile de son sucre d’orge.

― Je ne savais pas que tu savais dessiner, commenta Louis.

― Moi non plus, marmonna Max.

― Et pourquoi est-ce que tu dessines ta queue, au juste?

― Sais pas. Isabelle a oublié son matériel ― faut dire qu’elle a foutu le camp drôlement vite hier soir, après avoir rencontré tu-sais-qui. Et ce matin, en me levant, je me suis dit que ce serait bien d’avoir un portrait du colosse.

― Quelle humilité! Je constate d’ailleurs qu’il grandit à vue d’œil, le colosse…

― Ouais, on dirait bien… répondit l’artiste en retournant à son croquis.

Louis s’assit sur le bord du lit et observa quelques minutes son pote crayonner. Son engin s’érigea lentement, jusqu’à ce qu’il fut pleinement bandé; il était long et épais, avec des veines saillantes et larges. Louis mordit nerveusement sa lèvre inférieure puis, après un moment d’hésitation, tendit le bras puis effleura le vît du bout des doigts.

― Faudrait surtout pas te gêner, hein… commenta Max sans lever les yeux de son carnet.

C’est pourtant ce qu’il avait toujours fait ― se gêner. Pourtant, Louis prit le braque au creux de sa main puis lentement l’enveloppa de ses doigts. Il était chaud et bien dur.

― Hum… oui, comme ça… parfait, soupira Max en déchirant la page de son carnet et en commençant un nouveau dessin de son dard, tenu cette fois-ci par la main de son ami.

Louis serra un peu la trique de ses doigts, puis imprima lentement de sa main des mouvements de va-et-vient. Max soupira et grogna, sans s’arrêter de dessiner. Dans la main de son ami, la bite était pulsante, rigide et vivante, comme un bâton sous une serviette chaude, comme un brandon s’échappant d’un incendie, comme une bête à l’affut, comme un os gorgé de moelle, comme un cierge incandescent.

Ou comme une bite.

Comptines pour se faire sauter à la corde

19 décembre 2008

Crème glacée, limonade sucrée,
À qui pensez-vous quand vous vous branlez?

Vole, vole, vole que je t’aime,
Viens ici ma chère Annie.
Ma langue glisse dans ton oreille,
Un doigt chatouille ton mimi:
Ah oui! (il faut sortir) Youpi!

Pas hier soir, mais le soir d’avant,
Quarante violeurs sont venus cogner à ma porte
Et voici le message qu’ils ont laissé:
Madame, tournez-vous de bord, (ter)
Madame, touchez à terre, (ter)
Madame, relevez votre croupe, (ter)
Madame, présentez votre rosette, (ter — en sortant de la corde)

Je veux manger une gourgandine,
Je veux manger une traînée,
Le minou
Le bouton
Le p’tit trou
Et aussi les gros lolos
Qu’il faut téter comme il faut
(il faut sortir)

À la ferme de Bruno,
Je me fait prendre par derrière
Par toutes sortes d’animaux,
Y’en a des p’tits, y’en a des gros,
Mais celui que je préfère,
C’est…
(Une catin entre en nommant un animal et saute quatre fois en
l’imitant. À chaque saut, toutes les autres en imitent le son.
La débauchée sort, on reprend le refrain et une autre entre avec un
nouvel animal…)

Marie-Madeleine

22 novembre 2008

Marie-Madeleine
Va-t-à la fontaine
Rincer son abricot
Se l’essuie comme il faut
Monte à sa chambrette
Joue à branlette

Joue un peu trop haut:
un doigt dans le tuyau

Joue un peu trop bas:
un doigt dans le chat

Sa mère lui a dit:
«Non ce n’est pas poli
De se donner d’la joie
Tous les trente-six du mois.»

Asservissement

17 novembre 2008

Chaque soir depuis une semaine, c’est le même manège. Elle commence par me lécher longuement, jusqu’à ce que mes cuisses se mettent à trembler. Puis, souriante, elle me branle profondément avec le majeur et l’annulaire… pour m’abandonner au moment crucial. Au bord du précipice, littéralement à deux doigts de la déchirure, elle fait alors de moi tout ce qu’elle veut.

Touché

21 avril 2008

La masturbation… Nommez-moi une seule autre activité humaine universellement pratiquée qui en moins un siècle est passée du statut de maladie à celui de remède.

Adieux aux Levi’s à Lévis

10 avril 2008

— Peut-être si vous m’expliquiez précisément ce que vous recherchez… lui dit la vendeuse, excédée.

Chloé écumait les boutiques des Galeries Chagnon depuis la matinée. Lasse d’avoir à répéter continuellement les mêmes explications, elle déposa une pleine brassée de vêtements sur la chaise de la cabine d’essayage, puis grommela:

— Le directeur de la boîte qui m’emploie a eu l’idée géniale de réviser le code vestimentaire des employés… depuis, exit les jeans!

— Vous voulez donc un pantalon plus formel, pour le bureau? Ou alors une jupe? J’ai ici quelque chose qui pourrait…

— Pas de jupe. J’ai besoin d’un pantalon avec une large braguette et surtout une fermeture à glissière bien épaisse. Tiens, peut-être ceci…

— Une fermeture éclair? J’ai bien peur que…

— Écoutez, je suis coincée derrière un bureau du matin au soir et croyez-moi, le temps est long, surtout l’après-midi. Or, après des mois d’exercices de Kegel je suis devenue plutôt experte pour contracter mon muscle pubo coccygien, ce qui me permet de… vous comprenez?

— De contracter votre…?

— Mais pour que ça fonctionne, j’ai besoin d’un pli!

Elle tendit un pantalon de toile kaki à la vendeuse, qui rougissait comme une écrevisse.

— Je m’ennuie déjà de mes Levi’s… soupira-t-elle.

Five O’Clock Tale

26 février 2008

— Ferme les yeux et essaie de deviner ton cadeau, me dit-elle avec un clin d’oeil.

— Un poney?

— Mieux qu’un poney.

Le froid de la chambre me donna la chair de poule après qu’elle eut tiré la couette.

— L’édition originale du Con d’Irène?

— Presque. Je t’accorde une dernière chance.

— Allez, donne-moi un indice! Dis-moi au moins si je brûle…

— Si tu brûles? Tu vas brûler, plutôt.

Je sentis alors une langue étrangement chaude parcourir ma vulve de bas en haut. J’ouvris les yeux et la vis, accroupie entre mes cuisses, un index dans l’anse de sa tasse de thé et l’autre dans ma chatte.

— Oh! C’est exactement ce que je voulais, m’écriai-je alors que sa langue pointue s’insinuait entre mes nymphes. Une bonne tasse de Lapsang Souchong fumé!

Voilà d’où provient ma cicatrice.

Le pouls de l’univers

20 février 2008

«Une souris verte
Qui courait dans l’herbe
Je l’attrape par la queue
Je la montre à ces messieurs…»

Assise sur la chaise à bascule, Caroline fit sautiller sa petite nièce de deux ans sur sa cuisse en chantonnant cette comptine. La petite Sophie, fille unique de sa sœur Patricia, adorait le rythme et la douce tendresse du va-et-vient. «Tout le monde aime le rythme et la douce tendresse du va-et-vient», se dit Caroline. «Du berceau à la tombe. Tout le monde veut être pris ainsi, dans des bras aimants et consolateurs».

Mais plus personne ne prenait Caroline, qui depuis trois mois restait sans caresse, sans baiser, sans baise. Sans rythme, sans tendresse, sans bras aimants et consolateurs depuis le départ de Maude. Caroline ressentait son absence comme une amputation. Mieux: comme la douleur fantôme, mais lancinante que ressent la femme excisée. «Nous sommes si différentes…», avait expliqué Maude. «Nous n’avons rien en commun. Inutile de s’acharner, nous finirions par nous entredéchirer, c’est certain.» Cette logique était si imparable qu’elle ne laissait aucune prise; Caroline, impuissante, ne put rien faire d’autre que regarder Maude lui filer entre les doigts.

La petite Sophie soupirait de bonheur pendant que sa tante retenait ses cris et ses larmes. Enfant, elle avait toujours été la plus sage et la plus courageuse, protégeant sa petite sœur, ouvrant toutes les portes pour elle, les défonçant lorsque la situation l’exigeait. Depuis la venue de Sophie, Patricia comptait tout naturellement sur sa grande sœur, sur sa force tranquille, sa bienveillance et son indéfectible fidélité pour l’aider à concilier les exigences de la maternité et celles de sa carrière. Ce que Caroline acceptait avec grâce, puisqu’elle était folle de cette enfant, de sa simplicité et de son honnêteté: lorsqu’elle avait faim, elle demandait à manger; lorsqu’elle voulait de l’attention, elle grimpait sur ses genoux; lorsqu’elle était fatiguée, elle venait dormir dans ses bras.

La petite s’étant assoupie, Caroline la porta jusqu’à son propre lit. Elle la borda et plaça des oreillers le long de son corps pour éviter qu’elle ne tombe dans son sommeil. Il ne pouvait toutefois y avoir de repos pour la tante. On lui avait appris dans son enfance que c’était vilain de pleurnicher, de crier, de se plaindre. Toutes ces bonnes manières faisaient de Caroline une femme si facile à laisser…

Pour ne pas troubler le sommeil de sa nièce, Caroline s’allongea sur le sol, dans l’odeur poussiéreuse et sèche de la carpette. Les jambes repliées contre son ventre, elle se mit à se bercer, cherchant un peu de douceur et de tendresse dans le va-et-vient. Le plancher, en grinçant, murmurait «Reviens, reviens…» et son cœur blessé répondait en chantant «Elle est partie, elle est partie…». Caroline appuya son poing contre sa poitrine, par peur qu’à force de saigner et de chanter, il décide lui-même de partir, la laissant seule et froide comme un tombeau. Sous cette caresse involontaire, les pointes de ses seins s’érigèrent, dans une excitation incongrue.

C’est alors que Caroline fut traversée par une force étrange, ancienne, obscure. Elle ne venait pas de Maude, ni d’elle-même. On aurait dit un dieu émergeant des profondeurs immémoriales venant assouvir ses pulsions de vengeance et de viol. Ou peut-être une déesse. Quoi qu’il en soit, la pauvre mortelle en fut tétanisée, alors qu’une voix se mit à résonner dans sa tête: «Ton sexe m’appartient. Je vais le transpercer. Tes mains m’appartiennent. Je vais en faire que bon me semble. Ta vie m’appartient. Je ne te laisserai pas en finir avec elle. La vie est souffrance et je te ferai souffrir. Mais je te donnerai les moyens de guérir.»

Tout en continuant de se bercer, Caroline déboutonna son jeans et le fit glisser jusqu’à ses chevilles. Elle fit glisser sa main habituelle contre son ventre jusqu’à ce qu’elle rencontre des poils follets et une fente entrouverte, assez humide pour humecter sa culotte. La petite Sophie suçait son pouce et soupira dans son sommeil. Caroline gémit en retrouvant son clitoris, intact, mais rebelle, au même endroit où Maude l’avait laissé. Elle émergeait de trois mois d’hibernation; l’hiver était bien loin d’être fini, mais les eaux semblaient enfin libérées des glaces. Un doigt, puis un autre plongèrent au plus profond d’elle-même pour prouver que la source, miraculeusement, ne s’était pas tarie.

Loin des regards, une lesbienne se fit l’amour en pleurant. Un bébé mouilla sa couche dans la chaleur et la sureté du lit de sa tante. Toutes deux se berçant au rythme doux et tendre du pouls de l’univers.

Chattes

15 novembre 2007

Les flashs des paparazzi se déchaînent autour de moi dès que je traverse le cordon de velours. Deux femmes à tête de chatte me tiennent par les bras et m’entraînent de force le long du tapis rouge, qui crisse sous mes escarpins.

Je suis la seule femelle humaine dans cette foule mondaine. Tous les autres — les photographes, les reporters, mes deux gardes du corps — ont des têtes de chats et des corps d’humains majeurs et vaccinés.

— Pouvez-vous confirmer les rumeurs de stérilisation qui courent à votre sujet? me demande une journaliste siamoise en écrasant un micro dans mon visage.

Son haleine empeste le Cat Chow.

*  *  *

Plus tard, une starlette à tête de persan s’avance vers le micro et déchire l’enveloppe:

— Et la gagnante du prix «Chaque fois que vous vous masturbez, Dieu étripe un chaton» est… Anne Archet!

Je me dirige vers la scène au son des miaulements et des crachats des félins. En me remettant ma statuette (une vulve dorée fichée sur un index), l’animatrice à tête de bobtail me glisse à l’oreille:

— Touche-toi encore une fois et on dévore ta fille dans son sommeil!

En ouvrant les yeux, encore et toujours seule dans mon lit, je vois Ravachol, mon vieux matou, qui me toise en ronronnant, couché sur ma poitrine.

Le chat de faïence

24 septembre 2007

Le chat de faïence amassait patiemment la poussière sur sa tête ronde, sur ses oreilles à peine dessinées, sur son long cou lisse et mince, sur son œil rouge et son œil vert dans le présentoir du fond de la boutique de l’antiquaire. Depuis quelques jours, le clown de porcelaine et le lapin de céramique le regardaient de façon oblique, presque dédaigneuse.

— Mais qu’est-ce que c’est que ce glaçage? demanda le clown en reniflant.

— Des années d’utilisation et de soins, répondit le chat, stoïque.

— J’aime bien tes yeux… et aussi ta petite queue qui pointe vers le ciel, dit le lapin.

— Ma petite Liu les aimait bien, elle aussi, répondit le chat en souriant. Hélas, les persécuteurs sont venus et ils ont forcé la famille à fuir. Père a caché ses bijoux de famille dans mon regard.

— Ses bijoux de famille! Hé hé hé hé… commenta le clown avec sarcasme.

— Évidemment, il fallait aussi me cacher, poursuivit le chat qui feignit n’avoir rien entendu. «Liu, tu es grande, maintenant», déclara père. J’ai traversé une mer houleuse et déchaînée bien au chaud dans ma cachette douillette, baigné dans l’eau délirante du plaisir de Liu qui sentait à chaque vague ma tête appuyer contre sa matrice et ma queue taquiner son bouton d’amour ou l’ouverture frémissante de son cul.

Le lapin s’étouffa de surprise.

— Lorsqu’elle arriva saine et sauve au nouveau monde, elle me garda sur sa table de nuit.

— Dans ce cas, comment as-tu échoué ici? demanda le clown en fronçant les sourcils.

Le chat de faïence soupira.

— On a trouvé un bon parti pour Liu, un fiancé qui s’avéra être le plus jaloux des hommes. Peu de temps après leur mariage, je fus relégué au grenier. Elle lui en a toujours voulu et ne lui a jamais expliqué pourquoi mes yeux brillaient à ce point. Plus tard, des petits-enfants aussi ignares qu’ingrats m’ont vendu pour quelques sous.

C’est à ce moment qu’Anne et Simone se penchèrent au-dessus de la boîte.

— Regarde comme il est mignon! s’écria Anne en prenant le chat.

— Si tu veux mon avis, il ressemble à… dit Simone qui chuchota le reste de la phrase à l’oreille de son amante, la faisant rougir jusqu’à la racine des cheveux.

— Il dégage aussi une drôle d’odeur, comme lorsque tu… ajouta Anne avant qu’un baiser ne la bâillonne.

Les deux femmes se regardèrent, frissonnantes d’excitation.

— Il te reste de la monnaie? demanda Simone. Vite! J’ai hâte de retourner à l’appart et jouer à chat percé!

Des seins furent pincés, un entrejambe fut caressé, Anne soupira, trembla, et le chat de faïence glissa de ses doigts. Il tomba dans le bac, éclatant en mille fragments glacés de mouille. Les deux femmes se figèrent.

— Foutons le camp: le vieux n’a rien entendu! pouffa Simone en attrapant Anne, penaude, par la manche.

Le clown de porcelaine et le lapin de céramique contemplèrent quant à eux l’émeraude et le saphir en maudissant leur incapacité à profiter de leur fortune providentiellement acquise.

Comment l’incroyance vient aux jeunes filles

30 août 2007

La première fois que je me suis masturbée, j’ai failli croire en Dieu. Malheureusement pour lui, mes séances solitaires subséquentes m’ont confortée dans mon athéisme.

Objets de désir

20 juin 2007

Invitée hier chez une dame pour qui j’ai fait du babysitting il y a quelques années. Sa fille, que j’ai connue alors qu’elle avait encore la couche aux fesses, a maintenant treize ans et semble si précoce qu’elle donne des maux de tête à ses parents.

— Ça ne doit pas être facile de vivre dans la crainte du sida et des grossesses indésirées… avançais-je prudemment.

— Non, répondit sa mère. Elle, c’est… comment dire… les objets. Tous les objets.

Rêveuse, je laissai mon regard parcourir la pièce, s’arrêtant sur chaque bibelot en le considérant sous un angle inédit.

Adultères consentants

12 janvier 2007

Elle s’est endormie dans mes bras. J’ai commencé par la branler très doucement et de mille manières, pour ensuite lui mettre un doigt, puis deux. J’ai joui sur sa cuisse en blottissant mon nez dans son cou, nos doigts poisseux entrelacés. Demain, je la renvoie à son mari.

Travail sur soi

5 janvier 2007

Bientôt vingt ans que je m’adonne quotidiennement à la masturbation. Et ce, quelle que soit l’intensité de ma vie sexuelle ou le nombre de mes partenaires. Bientôt vingt ans que je m’adonne quotidiennement à l’écriture. Et ce, quels que soient les aléas de ma vie personnelle ou le temps que je dispose. Je me demande s’il y a un lien…

Dialogue nuptial (3/5)

4 janvier 2007

— Trésor, réveille-toi… je viens de faire un horrible cauchemar…

— Unnngh?

— J’ai rêvé que je te surprenais au lit avec une autre femme. Tu ne serais jamais capable de me tromper, n’est-ce pas?

— Hein? Bon sang mais qu’est-ce que tu me chantes?

— Olivier! Mais… mais… qu’est-ce que tu fais ici? Et où est…

— À Cornwall – enfin, je l’espère. À quoi veux-tu en venir?

— Mais c’est impossible, je…

— Quoi? Tu ne vas tout de même pas me faire ton numéro de vierge offensée, après tout ce que tu as fait cette nuit!

— Je… oh mon dieu!

— Ah, je vois… encore un de tes petits jeux… Vas-y, fais-toi plaisir, salope, ça me fait bander!

— Je t’en supplie, arrête, tu dois…

— Branle-moi, putain adultère. Avec ta main gauche, pour que je puisse bien voir ton alliance.

*  *  *

— Chérie, réveille-toi… je viens de faire un horrible cauchemar…

— Unnngh?

— J’ai rêvé que je te trompais. Avec un homme, par dessus le marché! Oh, Simone… tu es certaine que cette histoire de mariage est vraiment une bonne idée?

— J’en suis convaincue, ma belle. Dors, maintenant; demain la journée sera longue.

Liste de choses à faire lorsque je serai seule

22 novembre 2006

Dissoudre mon vernis à ongles
Appliquer une couche de gloss sur mes lèvres
Faire ronronner le minou
Brosser ma permanente
Faire tremper mes cuticules
Beurrer mon muffin
Vérifier le niveau des fluides
Sonder les profondeurs
Prendre mon pouls
Tourner autour du buisson
Lisser la pelisse
Astiquer la lampe pour faire sortir le génie
Faire sortir la tête de la tortue de sa carapace
Travailler la pâte feuilletée
Aller à la pêche à la moule
Faire le tour de garde dans la tranchée
Glisser sur la pente savonneuse
Danser le ballet avec deux doigts
Double-cliquer le bouton de ma souris
Engourdir mon index
Faire dégorger l’abricot
Faire une promenade en forêt
Repasser mes rideaux
Faire de la peinture avec les doigts
Écosser le petit pois
Polir l’argenterie
Travailler sur moi-même
Frotter la tache sur ma moquette
Parfumer mes phalangines
Chercher la perle dans le coquillage
Jouer avec l’interrupteur
Gaver la chatte
Jouer un solo à l’archet
Faire de la plongée sous-marine
Faire de l’exploration minière
Huiler mes jointures
Fatiguer la salade au thon
Faire friser mes orteils
M’offrir des doigts de dame avec de la crème
Faire du pouce sur la Rive Sud
Presser la mangue
Faire épaissir la sauce
Passer en mode manuel
Colmater la brèche
Visiter le canyon rose
Jouer une partie de solitaire
Lire en braille
Faire chauffer le four
Sarcler mon jardin
Flatter mon amour-propre
Ramoner la cheminée
Brasser la soupe avant qu’elle ne déborde
Me perdre dans le triangle des Bermudes

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