Archive pour 'Futilités'Catégorie

Catholiqueries

10 novembre 2009

Quand un bon catholique baise-t-il?

Selon le Manuel des confesseurs et des directeurs de conscience des provinces ecclésiastiques de Montréal, Québec et Ottawa (édition de 1893), pas le jeudi, car c’est le jour de l’arrestation du Christ, ni le vendredi, le jour de sa mort. Il ne baise pas non plus le samedi, jour de la Vierge, ni le dimanche, celui du Seigneur, et encore moins le lundi, le jour des morts.

Reste alors le mardi et le mercredi. Et encore, pas pendant le carême, ni à la Pentecôte, ni pendant la semaine sainte, ni à Noël… et seulement s’il ne pêche pas en le faisant, c’est-à-dire qu’il doit baiser son épouse légitime, en position du missionnaire et sans utiliser de contraception.

Ce qui signifie que s’il ne veut pas procréer, il doit avoir recours à la méthode du calendrier, ce qui élimine potentiellement la moitié des mardis et des mercredis de l’année.

Quand un bon catholique baise-t-il?

Chaque fois qu’il en a envie, mais avec beaucoup de mauvaise conscience.

Révélation choc

20 janvier 2009

«Anne Archet» est l’anagramme d’«enchantera».

(Et aussi d’«anthracène», mais c’est beaucoup moins poétique).

Douze mille un

5 décembre 2008

En 2003, j’écrivais:

«Dans son Art de conjuguer 12 000 verbes, Besherelle a oublié le verbe coïter. La réputation des Français serait-elle surfaite?»

Or, je viens tout juste de me procurer la dernière édition de cet ouvrage et, oh stupeur, on y retrouve à la page 201… le verbe intransitif en question. Voilà qui va certainement aider ma candidature à l’Académie française!

Espionne matinale

11 novembre 2008

Elle a de très longs cils et les commissures de ses lèvres sont fendillées.

Scène de ménage

10 novembre 2008

Je sais que je bouleverse ses habitudes de célibataire même si elle m’assure du contraire. Par exemple, elle a collé des post-it sur le mur de sa chambre, sur son frigo, sur la porte de sa douche: «Je ne suis pas seule», «Mettre linge sale dans panier», «Ne pas boire directement dans la cruche». Reste à savoir si ces messages s’adressent à elle ou à moi…

La tante et l’infirmière

23 avril 2008

Ma petite cousine, ne sachant plus quoi répondre à l’infirmière scolaire qui ne cesse de l’assommer avec ses conseils d’un autre âge, a demandé à sa tante préférée de rencontrer cette harpie dans l’espoir qu’elle finisse par lui lâcher un peu la grappe.

Je tentai donc de lui expliquer qu’elle ne devrait pas parler seulement d’abstinence aux jeunes, mais aussi de contraception, de relations orales et anales, d’homosexualité et — tant qu’à y être — d’amour. Elle me répondit que si l’école se met à enseigner de telles choses, les adolescentes sexuellement actives seront de plus en plus nombreuses et de plus en plus jeunes… ce qui aura des conséquences funestes pour la société.

— Il ne faut pas que l’école donne aux jeunes le goût d’avoir des relations sexuelles avant le mariage, me dit-elle fermement, au moment de nous quitter.

— Si j’étais vous, je ne m’inquiéterais pas, lui répondis-je en souriant. L’école essaie de donner le goût de la littérature et des sciences aux jeunes depuis des décennies et ça n’a pas trop l’air de fonctionner…

Dans de beaux draps

28 mars 2008

J’ai enfin trouvé la literie de mes rêves! Je me demande si on peut personnaliser le message — j’ai mille phrases qui me viennent à l’esprit…

Le jour où j’ai fini par apprendre à quoi je servais

31 janvier 2008

Vexée, je lui tournai le dos et me mis à marcher avec hargne.

— Attends, ne t’en vas pas! me crie-t-elle. De quoi je vais avoir l’air, à rigoler toute seule dans la rue…

Sus au travail! (Suck on the job!)

16 décembre 2007

Elle: Je ne lis plus ton blogue au bureau.

Moi: Ah?

Elle: Non seulement te ne cesses de parler de fesses, mais en plus, ton dernier texte sur le travail m’a rendue complètement improductive.

Moi: C’est que j’essaie de donner un nouveau sens à l’expression NSFW

Assez de futilités…

23 novembre 2007

… et passons aux choses sérieuses. Au cours de mes pérégrinations sur Facebook, j’ai remarqué que l’internaute moyen raffole des psychotests; il les remplit religieusement et affiche fièrement ses résultats, dévoilant ainsi au monde entier un aspect méconnu de sa personnalité.

Le problème, c’est que ces tests ne s’intéressent jamais aux vraies questions. Il n’en fallait pas plus pour que je remédie illico à la situation! J’inaugure donc une nouvelle rubrique des Cahiers avec un test de personnalité intitulé «Quel genre de dévergondée êtes-vous?» et qui s’adresse, vous l’aurez deviné, à mes lectrices seulement.

Bon voisinage

19 novembre 2007

Ce matin: une frêle et diaphane jeune inconnue en chemise de nuit qui, malgré le froid, me regarde passer du pas de sa porte. Après l’avoir dépassée, je me retourne pour voir si ses lèvres écarlates et le léger vallon de ses tétons sous son corsage sont toujours là — s’ils existent encore. Étrangement, il ne reste plus que sa tête sans visage qui me tire la langue.

Subjectivités

11 novembre 2007

Elle se dédouble, elle louche, elle tire la langue — elle s’enfuit en gloussant et en claquant la porte.

Beaucoup plus tard, en lisant cette phase dans mon cahier, elle me dit: «Vrai, mais pas dans cet ordre.»

Talk nerdy to me

11 octobre 2007

Quelle joie d’avoir enfin trouvé des fétichistes avec qui je pourrais vraiment m’entendre!

Stratagème

9 octobre 2007

Il me fait la bise et me dit: «J’ai lu ton blogue. J’aime bien, mais on n’y croit pas une seconde!»

Tant mieux: je vais enfin pouvoir me permettre de dire la vérité.

Ce que le tchat m’a enseigné hier soir

2 octobre 2007

Je ne suis pas très intelligente mais je pense être assez douée pour donner le change.

Jamais les hommes ne veulent jouer avec moi

22 septembre 2007

Près de moi, dans l’autobus, est assis un charmant jeune homme avec le mot «CISEAUX» écrit en bleu au stylo-bille dans le creux de la main. Je fouille dans mon sac à main, trouve mon Bic et écris «ROCHE» dans la mienne. Tout sourire, je la lui montre; il me regarde avec l’air de celui qui vient de croiser lucifer en personne. Déçue par cette réaction, j’abandonne l’idée de lui expliquer qu’il vient de perdre la partie.

Le mot, l’image et la sécrétion

15 septembre 2007

Dans ma courte existence, j’ai dû lire des milliers et des milliers de pages de littérature obscène, mais — je l’avoue bien humblement — je n’ai consommé que très peu de pornographie audiovisuelle.

Pour ce que j’ai pu en observer, une des différences fondamentales entre les deux genres est l’absence flagrante, dans les vidéos, de ces détails triviaux que sont la morve, la sueur, le cérumen, le sang, les excréments. Par exemple, les rapports anaux sont étonnamment propres, faciles, aseptisés même. En fait, la seule humeur qui semble avoir le droit d’exister au grand jour est le sperme, à un tel point qu’il est inimaginable, dans ce genre de représentation, d’oser éjaculer ailleurs que sur le visage de sa partenaire.

Oh, et la salive me semble particulièrement sous-exploitée. Pourtant, que serait l’amour sans elle?

Un monde de twits

1 septembre 2007

Je suis tombée par hasard sur Twittervision, une visualisation géographique en temps réel des mises à jour des sites Twitter à travers le monde. Pendant presque une demi-heure, je suis restée fascinée, bouche bée, devant le spectacle de cette humanité grouillante, de tous ces purs inconnus éparpillés aux quatre coins de la planète qui m’informaient consciencieusement qu’ils triaient leur linge sale, qu’ils revenaient d’un dîner chez la cousine Angèle ou qu’ils partaient jouer aux quilles avec un quadragénaire rencontré dans leur cours de cuisine thaï au micro-ondes.

Jamais l’univers ne m’a semblé aussi vide et futile.

Voyage à Toronto (dernière)

21 août 2007

De retour à la maison, je racontai à Simone mon périple.

— J’espère que tu as été… sage, me dit-elle d’un air inquiète.

— Tu me connais, je résiste mal à la tentation. J’ai rencontré un charmant artisan serrurier qui m’a invité chez lui et m’a fait toute une espagnolette… répondis-je en rougissant d’avoir été si dépensière.

Elle éclata alors en sanglots, et il fallut de longues explications pour lui faire comprendre qu’il ne s’agissait pas d’une pratique sexuelle perverse.

Voyage à Toronto (cinquième partie)

12 août 2007

Rien n’est plus agréable que de se perdre dans une ville aussi cosmopolite que Toronto. Surtout lorsqu’on a la chance d’être en vacances. L’expérience s’apparente à la méditation; le vide s’installe, c’est la vacance. Chaque ruelle mène à un autre endroit du monde, rempli d’odeurs et de bruits étrangers — ici le bruit du percolateur, les voix qui devisent nonchalamment, je suis assise là, seule et personne ne s’occupe de moi: la perfection.

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